Dr. David HUGUENOT

Mise au point d’un procédé associant bioaugmentation et phytoextraction pour le traitement de sédiments viticoles riches en cuivre : mise au point au laboratoire et application en microcosmes.

Thèse soutenue en juillet 2010
Sous la direction de Thierry LEBEAU

Les traitements phytosanitaires intensifs en viticulture, conjugués aux flux de ruissellement, se traduisent par l’arrivée de cuivre dans les bassins d’orage (BO). Des phénomènes de bioatténuation impliquant la microflore et les macrophytes s’observent, mais les niveaux d’épuration sont souvent faibles et variables. La phytoextraction du Cu est une technique intéressante in situ mais sa lenteur la pénalise. La bioaugmentation couplée à la phytoremédiation est une solution pour augmenter la vitesse d’extraction. L’étude a consisté à sélectionner un triplet «bactérie-plante-sorbant » afin d’extraire le Cu du sédiment et de réduire sa teneur dans les eaux en sortie de BO. Les trois composantes ont ensuite été assemblées dans des microcosmes remplis d’un mélange sable-sédiment reproduisant les caractéristiques d’un BO de référence. Sur 564 isolats bactériens cultivables, 84 ont montré une capacité à complexer les métaux et l’isolat n°l06 a été retenu pour sa capacité à complexer le Cu. Des trois macrophytes testés, Phragmites australis, espèce retenue dans la suite de l’étude, a accumulé le plus de Cu dans les parties aériennes. Enfin, la pulpe de betterave s’est révélée être le sorbant le plus efficace dans une matrice complexe et en présence d’herbicides. Des expériences en microcosmes, mettant en jeu le triplet sélectionné, ont été réalisées. La localisation de la pulpe de betterave en sortie de microcosmes a réduit de 20% les quantités de Cu exportées par les eaux en atteignant un abattement de 95%. La phytoextraction du Cu a été augmentée par 1,7 grâce à la bioaugmentation dans le cas d’un régime hydraulique semi-continu et d’une inoculation répétée de l’isolat n°106.